Source : BFM

Le 10 juin, la Grèce a annoncé les détails d’un plan d’austérité sur cinq ans, qui impose une taxe spéciale sur tous les contribuables, réduit les dépenses dans le secteur public et social et accélère les étapes de la trop retardée privatisation.

Le plan de près de 28,3 milliards € a été approuvé par le Cabinet lors d’une réunion de quatre heures et survient au milieu d’un vaste mouvement d’opposition dans les rues d’Athènes.

Il prévoit la réduction du déficit budgétaire de la Grèce à 1,1% du PIB d’ici 2015 – contre 10,5% l’an dernier. Pour y advenir, les mesures prévues apporteront 13,4 milliards € par de nouvelles recettes fiscales et des économies au budget de 14,8 milliards. Selon ce plan, au cours des deux prochaines années, les privatisations et la vente d’actifs prévues par le gouvernement apporteront un montant supplémentaire de 15 milliards d’euros.

« Nous nous trouvons à un tournant critique », a dit le premier ministre Georges Papandréou devant le Cabinet, qui a approuvé le plan avant qu’il soit formellement soumis au Parlement. Le Parlement doit se prononcer sur le paquet de mesures le 28 juin.

En mai dernier, la Grèce a évité de justesse la faillite à l’aide d’un emprunt de 110 milliards d’euros, accordé par autres les membres de la zone euro et le Fonds Monétaire International. La Grèce doit adopter les mesures avant de recevoir la prochaine tranche du prêt, qui devrait être versée au début de juillet.

Mais comme le pays se confronte à des coûts très élevés sur les marchés internationaux des emprunts, le FMI et l’Union européenne sont en train de discuter d’un nouveau accord de prêt qui pourrait lui fournir 90 milliards d’euros dans de nouvelles aides échelonnées sur les trois prochaines années.

Les derniers détails de cet accord, qui inclut probablement une contribution des créanciers privés, seront examinés avant la réunion des ministres européens des Finances le 20 juin et seront formellement approuvés lors d’un sommet européen trois jours plus tard.

Entre autres choses, les dirigeants européens ont clairement indiqué que la Grèce doit démarrer son ambitieux, mais beaucoup retardé plan de privatisation.

Les dernières semaines, les détails du plan d’austérité se sont écoulés, arrivant à l’oreille du grand public. Par la suite, l’opposition a augmenté. Le 9 juin, des milliers de travailleurs dans les entreprises d’Etat ont défilé dans le centre d’Athènes pour s’opposer aux privatisations, tandis que les deux principaux syndicats du pays ont appelé à une grève générale pour le 15 juin.

La Ministre française de l’Economie, des Finances et de l’Industrie Christine Lagarde a officiellement lancé sa candidature au poste de Directeur Général du FMI, malgré les dures réactions des grandes économies émergentes, telles que l’Inde, le Brésil et la Russie, qui voudraient que le chef du Fonds ne soit plus un Européen.

Christine Lagarde a annoncé sa candidature un jour avant le début du Sommet G8 à Deuville, après avoir reçu l’appui unanime de l’Union Européenne et, selon des sources diplomatiques, des Etats-Unis et de la Chine.

« C’est un immense défi que j’aborde avec beaucoup d’humilité et en souhaitant recueillir le plus large consensus », a déclaré Christine Lagarde à une conférence de presse soutenue à Paris, ajoutant qu’elle voyagerait beaucoup dans les semaines à venir pour se consulter aussi avec d’autres pays.

La ministre française a été très appréciée pour la manière dont elle a présidé la réunion des ministres G20 en 2010 et pour ses aptitudes de communication.

Cependant, à la différence de Dominique Strauss-Kahn, qui a démissionné en mai après avoir été arrêté à New York sous l’accusation de tentative de viol, Lagarde n’est pas économiste et pourrait avoir des problèmes à gérer l’économie mondiale au niveau de la stratégie.

Dans une déclaration commune, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud ont vivement critiqué les leaders UE qui avaient suggéré que le prochain chef FMI devrait être d’Europe. La convention d’avoir un directeur général FMI provenant d’Europe date depuis la création de l’institution après la Seconde Guerre Mondiale et coïncide avec la tradition d’avoir un président américain à la Banque Mondiale.

En dépit de leur désir d’imposer un autre candidat à la direction du FMI, les économies émergentes n’ont pas abouti à se rallier derrière une seule personnalité qui aurait eu la chance de concourir avec Lagarde.

S’adressant à ces pays, Christine Lagarde a déclaré qu’en tant que directeur général de l’institution, elle allait faire des efforts pour « améliorer la représentativité et la flexibilité » dans le cadre du FMI.

Le Conseil des Etats membres FMI a ouvert le 23 mai le processus de nomination et élection du directeur général et espère désigner une personne sur ce poste jusqu’au 30 juin.

Selon un rapport présenté par PricewaterhouseCoopers (PwC) et repris par Reuters, le secteur bancaire de Chine pourrait devenir le plus grand au monde jusqu’en 2023. Cela signifie que le pays asiatique dépassera les Etats-Unis vingt ans plus tôt qu’anticipé avant la crise mondiale.

Le même rapport estime aussi que le système bancaire d’Inde dépassera le système japonais jusqu’en 2035, et qu’en raison du vieillissement de la population chinoise, il sera également plus développé que le système de Chine.

La crise financière mondiale a ébréché l’influence des leaders du système bancaire et a réarrangé le pouvoir économique au niveau mondial. Ces leaders, avertit l’économiste en chef de PwC John Hawksworth, devront trouver le moyen de se révendiquer une partie de la population sans accès aux services bancaires des pays émergents.

« L’accès aux marchés tels que la Chine et l’Inde, qui ont des populations dépassant un milliard d’habitants, a une importance critique pour le développement ».

Les banques chinoises dominent les classements internationaux, et certaines institutions de crédit ont déjà gagné une réputation sur les marchés émergents. Elles répondent aux demandes de services financiers des populations jeunes et toujours plus riches.

Outre les effets de la crise, les banques des pays développés se confrontent à l’endurcissement des règlements. Les gouvernements et les institutions de surveillance sont décidés de contrôler de près les institutions de crédit qui ont été a la tête du développement économique à risque élevé. L’une des conséquences en est que les crédits à la population suivent des règles plus dures et le nombre d’emprunts est à la baisse.

L’analyse PwC est basée sur les prévisions concernant le PIB et l’évolution des marchés de crédit.